L’alimentation actuelle est généralement appauvrie en vitamines et minéraux. La raison en est bien connue : les modes de culture, de préparation ou de cuisson industrielles qui diminuent la densité nutritionnelle. Certaines populations sont plus à risque. Pensons notamment aux personnes dont le métabolisme est bouleversé, comme les femmes enceintes, les personnes âgées ou les enfants ; et celles qui souffrent d’une pathologie (personnes dénutries, patients sous régime alimentaire…). Et aussi les adeptes des nouveaux concepts nutritionnels (végétalisme, véganisme…).

Pour un conseiller de santé, il est nécessaire d’effectuer un rapide interrogatoire comportemental et alimentaire avant de valider un conseil vitaminique ou minéral. Cela permettra de confirmer une indication ou de détecter une contre-indication éventuelle à la prise de certains compléments alimentaires. C’est le cas par exemple de l’hémochromatose (fer) ou des lithiases urinaires (vitamine D).

Ce qui est sûr, c’est que depuis près de 50 ans et les débuts des études sur la consommation alimentaire et l’état de santé, on sait qu’il y a un vrai problème. Par exemple l’étude française SU.VI.MAX a montré en 1997 que 75% des hommes et 77% des femmes sont en dessous de l’apport nutritionnel conseillé en magnésium ! Il s’agit là d’un résultat uniquement d’analyses qui oublie un paramètre essentiel : la sensibilité individuelle. Pour certains d’entre nous, il faudra beaucoup plus que le minimum conseillé pour « être bien ». Le rôle du questionnaire et de l’observation est alors primordial.

Il est possible de prendre un large nombre de micronutriments (dont les minéraux et vitamines) sans risquer d’effets nocifs pour la santé aux doses autorisées dans les compléments alimentaires. C’est le cas du magnésium, des omégas-3, de certains acides aminés, des probiotiques, de la plupart des vitamines…

A ces doses « standard », ces micronutriments constituent notre « bouclier nutritionnel ».

En revanche, certaines vitamines, minéraux et anti-oxydants peuvent être nocifs à doses fortes ou prolongées. La vitamine A peut ainsi provoquer des troubles cutanés et hépatiques ; la vitamine D peut générer des calcifications tissulaires, des lithiases rénales et des déminéralisations osseuses ; la vitamine E peut provoquer des risques hémorragiques ; la vitamine K peut déstabiliser l’INR du patient sous anticoagulant…

Les anti-oxydants en particulier sont difficiles à manier : il en faut mais pas trop sinon leur effet s’inverse. On appelle ce phénomène l’hormèse. Par exemple, le bêta-carotène, précieux à doses physiologiques, pourrait favoriser à doses inadaptées l’apparition de cancer du poumon, surtout lorsqu’il est d’origine synthétique et non dans un environnement végétal naturel.

Pour éviter ces risques inutiles, il est préconisé de recommander des cures brèves (moins d’1 mois) sauf lorsqu’elles sont faites dans un cadre médical. Et de toujours rechercher des actifs de santé les plus naturels et bio possibles.