Fanny se désespère.

Depuis qu’elle a entamé son régime sans gras pour perde sa culotte de cheval, cela fait 3 semaines, elle a pris 8 kilos !

Pour un succès c’est raté.

Elle ne comprend pas.

Elle a supprimé le beurre sur sa tartine du matin, elle a débarrassé le placard et le frigo de toutes les sauces en bouteille dont elle raffolait (avec un pincement au cœur en jetant sa mayonnaise préférée…), elle a substitué son entrecôte sauce poivre vert par des lentilles du Puy au naturel, arrêté la crème chantilly sucrée dont elle recouvrait avec délice son café, troqué le saucisson (de Lyon) et les fromages (de chèvres) dont elle abusait peut-être un peu en rentrant du travail le soir par des barres diététiques aux céréales, etc.

Un mystère.

Elle ne comprend pas.

Comme Fanny, des millions de candidats à la minceur suppriment chaque année de leur alimentation tout ce qui ressemble à du gras ou semble en contenir. Et ils ne comprennent pas.

Aux Etats-Unis il n’y a jamais eu autant d’américains en surpoids depuis que les aliments gras ou/et riches en cholestérol ont été exclus des rayons des supermarchés.

Ils ne comprennent pas.

Pourtant ils ne sont pas nés de la dernière pluie. Ils luttent contre l’obésité depuis des dizaines d’années et ça ne marche pas.

Il doit y avoir un truc…

Question à se poser : quand on supprime le gras de son alimentation, on le remplace par quoi ?

Le choix n’est pas très large.

Ce sont soit des protéines, soit du sucre.

Les trois nutriments et les trois seuls de nos aliments sont les gras, les glucides ou sucres, et les protéines.

Quand on enlève l’un on augmente forcément l’un des deux autres.

Au mieux les deux autres à la fois.

Les protéines sont chères à produire et n’ont pas un bon goût.

Les sucres, ça ne coûte presque rien à produire.

Il y en a partout : dans les céréales comme le blé, les légumineuses comme le soja ou les lentilles, dans les pommes de terre, dans le maïs…

Et d’ailleurs les sucres de la pomme de terre et du maïs servent à obtenir un super sirop de glucose-fructose super sucré et super bon que nos fabriquant de gâteaux et de boissons n’hésitent pas à largement utiliser !

Il y a donc de (très) grandes chances pour que le remplaçant du gras soit le sucre.

Et c’est ce qui se passe.

Le résultat c’est que nos aliments sont même maintenant majoritairement constitués de sucre (glucides).

D’ailleurs les conseils nutritionnels officiels en vigueur ces dernières années accréditent cet état de fait en préconisant d’augmenter la part des sucres complexes dans nos aliments.

Parce qu’un sucre complexe reste un sucre. Un fruit reste un sucre, le riz reste un sucre, le pain reste un sucre, les pâtes restent des sucres…

Tous les sucres finissent sous la même forme dans notre organisme.

Un sucre complexe (appelé selon la « nomenclature alimentaire » glucide, mais ça ne change rien au problème…) met un peu plus de temps à se digérer pour devenir l’équivalent métabolique qu’est directement un sucre simple ou appelé dans les ouvrages de nutrition : « rapide ».

C’est tout.

Donc première réponse : quand on supprime le gras de l’alimentation, on le remplace par du sucre.

Suite des aventures de Fanny dans « Pour ne pas être Fanny… 2/2 ».