L’observation de la nature révèle des informations précieuses à qui sait les percevoir !

Nous connaissons tous la vie des marmottes.

Reprenons quand même son déroulé.

Elles sortent de leur long sommeil hivernal au début du mois d’avril et passent la grande majorité de leur temps à courir entre les différentes parties déneigées de leur territoire à la recherche de la nourriture du moment (herbes, larves, insectes…).

L’accouplement a lieu dans les 15 jours suivant la sortie d’hibernation.

La gestation dure un gros mois.

L’allaitement est donc fait en pleine période d’explosion florale.

A partir de juillet les jeunes sortent pour la première fois du terrier et se nourrissent progressivement de plantes.

Au début de l’automne, le temps alloué à la recherche de nourriture diminue progressivement. La nourriture évolue aussi : l’herbe et les insectes se font rares.

Les graines assurent leur subsistance.

Elles en abusent même et grossissent.

Ça tombe bien car les frimas approchent : il faut faire des réserves.

Elles entrent en hibernation courant octobre.

Que se passe-t-il à l’automne si, au lieu de les laisser tranquillement manger leurs bonnes graines sauvages de saison, on leur donne un aliment à la composition différente sur un point précis, la qualité du gras ?

Les marmottes n’hibernent plus.

Elles ne grossissent pas et n’hibernent plus !

L’alimentation est un lien naturel avec notre environnement.

Le rythme des saisons est en lien direct avec la pousse des plantes et leur cycle : jeune tige au printemps, fleur en été, graine à l’automne.

A chaque saison correspond un état de la végétation.

A chaque saison correspond une composition différente de la végétation.

Les marmottes mangent ce qu’elles trouvent à disposition, au jour le jour.

Elles se coulent dans leur environnement nourricier qui, ça tombe bien, est adapté à leur cycle de vie.

Est-ce la marmotte qui est adaptée aux fluctuations de son environnement ou l’inverse ?

C’est à partir du moment où se pose cette question que l’on peut parler d’écosystème.

Cette fusion est nécessaire au maintien et au développement de la vie.

L’ajout dans l’alimentation des marmottes, à contretemps de leurs cycles internes naturels, d’un constituant nutritionnel particulier a suffi à envoyer un message qui a bouleversé leur comportement et leur vie. Les graines introduites en lieu et place des noisettes de saison étaient des graines de lin.

L’énorme différence qualitative entre ces deux graines porte sur la qualité du gras.

Lin pour 100 g

Gras Total 42.16 g
Gras saturés 3.66 g
Omega 6 5.90 g
Omega 3 22.81 g

Noisette pour 100 g

Gras Total 62,4 g
gras saturés 4,511 g
Oméga 6 8,403 g
Oméga 3 0.06 g

Les graines de lin contiennent beaucoup d’Omega-3 (22 %, c’est énorme !), comme en contenait l’herbe en pleine croissance et tous les autres aliments qu’elles consommaient ordinairement au printemps, à la sortie de leur hibernation.

Les graines de noisette ne contiennent presque pas d’oméga-3 (0.06 %, soit 400 fois moins…), comme tous les aliments qu’elles trouvent à cette période de l’année.

Le message est clair : il y a un cycle naturel de la végétation, cycle qui pilote à distance le comportement de ceux qui s’en nourrissent.

Ce cycle est intrinsèque à la vie. S’il y a rupture, il y a problème.

Dans un premier temps notre corps souffre, se perd et perd ses repères : les désordres comportementaux et biologiques apparaissent.

Puis, inéluctablement, arrivent dépérissement et dégénérescence.

Les marmottes maigrissent et n’hibernent plus, la génération suivante est compromise : le rôle essentiel de la qualité de l’alimentation dans la régulation du poids et du comportement saute aux yeux.

C’est pareil chez nous : savoir manger ne s’improvise pas et nous sommes ce que nous mangeons. La vie n’est pas qu’une question de gestion d’énergie (c’est-à-dire de calories) : c’est avec la qualité de ce que nous mangeons et le moment où nous le mangeons que nous construisons notre santé et… notre tour de taille.

Il convient de bien garder en mémoire que, finalement, notre bien-être ne peut tenir qu’à une différence, infime sur le papier mais capitale en pratique, de catégorie de gras !

Tous les gras ne se ressemblent pas.

Il y a un gras pour l’été et un gras pour l’hiver !