A faire un petit-déjeuner « à la Jeannot » (voir les articles consacrés à Jeannot) contenant des aliments gras comme du fromage, des œufs, du pâté, des rillettes, du beurre… ne risquons-nous pas de nous boucher nos artères ?

Ou tout simplement de nous faire grossir ?

On est en droit se poser la question puisque tout est fait autour de nous pour nous inquiéter.

De notre médecin à notre émission santé préférée à la TV, on nous met en garde : « Attention au cholestérol, attention au gras ! Vous courrez à l’infarctus ! ».

La réalité peut être bien différente et beaucoup plus agréable à entendre !

On ne court pas à la catastrophe, pas du tout, et c’est même le contraire qui se produit.

Notre corps possède en effet une astucieuse arme pour réguler les graisses, une sorte d’antidérapage naturel : ça s’appelle le rétrocontrôle, feed-back en anglais.

Notre foie fabrique de lui-même tous les matins du cholestérol et des acides gras pour notre corps.

Si on apporte du gras dans notre petit-déjeuner, il va comprendre que « c’est pas la peine qu’il se décarcasse » : il va de lui-même ralentir sa production.

Il va même arrêter de fabriquer des acides gras hautement énergétiques (ceux à longues chaînes) pour ne fabriquer que des petits acides gras, vite faits et facilement réutilisables.

Le gras du petit-déjeuner viendra ralentir le foie puis sera brûlé en énergie pendant la journée.

Notre foie ne fabriquera pas de réserves inutiles à partir des sucres.

Notre poids sera stable et notre silhouette ne vieillira pas.

Attention quand même : pour que la réalité soit agréable à entendre, il faut respecter les besoins et les rythmes de notre corps.

Manger trop de gras le matin aboutira aussi à une prise de poids.

C’est mécanique, arithmétique : même si les calories du gras sont plus utiles à notre corps que celles du sucre par la diversité des utilisations qui en sont faites, elles n’en restent pas moins des calories.

Trop de calories, c’est trop d’énergie par rapport à nos besoins et donc ne vous étonnez pas si ¼ de plaquette de beurre + 2 œufs et 200 g de fromage vous font prendre du poids même si vous n’avez pas rajouté de pain…

Non, quand c’est trop, c’est trop. Les quantités doivent être adaptées à notre activité et à notre poids.

Nous reviendrons à une autre occasion sur ce point essentiel.

Manger du gras le matin c’est bien, mais en remanger autant à midi ou le soir : non !

Notre corps obéit à des rythmes biologiques de fonctionnement.

Ces rythmes sont dirigés par notre horloge centrale, dans notre cerveau, et ajustés sur notre rythme de vie qui naturellement est lié au soleil, à l’alternance nuit/jour, sommeil/éveil, repos/activité.

Le matin notre foie fabrique du cholestérol et des acides gras : c’est son pic de travail pour ce type d’activité, de l’ordre de 80 %.

Les effets de rétrocontrôle fonctionnent donc à plein le matin.

Et que le matin !

Si l’on s’avise de manger gras matin et soir, oui, le cholestérol, les triglycérides, le risque cardiovasculaire, tout va augmenter.

C’est normal. Il n’y a pas de rétrocontrôle le soir.

Autre chose : imaginez que vous ne mangiez jamais de gras le matin mais que le soir.

Imaginez un saucisson brioché, une pizza quatre fromages, des crêpes au chocolat, un aligot cantalou, un cassoulet du sud-ouest…

Imaginez un dîner charcuteries, fromages…

Imaginez une soirée raclette ou fondue savoyarde…

Imaginez alors votre taux de cholestérol, vos triglycérides, votre risque cardiovasculaire !

Au fait, tous ces plats, vous les mangez quand ?…

Manger du gras c’est possible, c’est recommandé, c’est nécessaire.

Mais ne faisons pas n’importe quoi.

Manger comme Jeannot n’importe quel aliment gras le matin et en quantité proportionnée à nos besoins, oui, c’est ce qu’il faut pour ne pas faire monter notre cholestérol et ne pas grossir.

Le reste de la journée notre corps évolue.

Il n’a plus les moyens de supporter ce gras sans risques.

Et puis ses besoins changent.

La nuit notre organisme va modifier ses objectifs.

Dans la journée il nous aide à agir et réagir. La nuit il va réparer les dégâts causés pendant la journée. Le gras dont il a besoin la nuit est double.

D’une part il lui faudra un peu d’énergie pour restaurer et remettre à neuf.

Il la trouvera dans nos réserves.

On perdra donc du poids.

D’autre part il lui faudra des pièces détachées de qualité pour remplacer celles usagées.

Concernant le gras, il s’agira des acides gras fragiles et précieux, qu’il n’arrive à fabriquer qu’avec très grande difficulté : les oméga-3.

Ceux-là on pourra en apporter un peu au repas du soir.

C’est pourquoi le soir, il faudra penser à manger de temps en temps du poisson ou des crustacés : ils en sont riches.