Hippocrate que l’on qualifie respectueusement de père de la médecine, enseignait que « les maladies proviennent les unes du régime, les autres de l’air dont l’inspiration nous fait vivre ».

Il ajoutait : « Le corps de l’homme a en lui sang, pituite, bile jaune et noire ; c’est là ce qui en constitue la nature et ce qui y crée la maladie et la santé. Il y a essentiellement santé quand ces principes sont dans un juste rapport de crase, de force et de quantité, et que le mélange en est parfait ; il y a maladie quand un de ces principes est soit en défaut soit en excès, ou, s’isolant dans le corps, n’est pas combiné avec tout le reste. »

Et il concluait sur la nécessité de favoriser un retour à l’équilibre physiologique comme par exemple « réduire le corps au moindre embonpoint » en cas d’excès de gras.

Premier acte de notre action contre le vieillissement et l’embonpoint, les cures détox sont réputées pour régénérer nos organes émonctoires.

Leur encrassement étant à l’origine de notre perte de vitalité, nous devrons nous préoccuper de façon régulière, constante et assidue, d’eux.

Avant d’aborder la pratique des cures détox, examinons nos cinq émonctoires principaux : le foie, les intestins, les reins, la peau et les poumons.

Spécialiste emblématique de la détox, notre foie est l’épurateur en chef de notre corps.

Filtration, neutralisation et élimination des déchets font partie de ses fonctions principales.

Rappelons qu’il est impliqué dans bien d’autres activités notamment la gestion des sucres et des graisses.

Comme Hippocrate l’avait fort bien indiqué, les déchets filtrés par le foie sont éliminés dans la bile.

Cette bile aboutit dans l’intestin.

Il est très important d’avoir une bonne production et un écoulement régulier de cette bile (rappelons que les sels biliaires sont produits à partir du cholestérol…).

Elle agit au moins à deux niveaux : permettre la digestion des aliments gras et bien se détoxiquer.

La bile étant un produit irritant, très âcre et amer, l’intestin doit être capable de bien supporter son action sans que cela provoque d’irritation excessive qui pourrait entraîner régurgitations désagréables ou diarrhées.

Si c’est le cas, il y a à redouter une remontée anormale de la bile dans des organes comme le pancréas, ou un passage anormal à travers la muqueuse intestinale irritée qui l’amènerait à pénétrer dans le sang.

Là comme dans le pancréas, elle causerait potentiellement des dégâts inflammatoires considérables et graves.

Véritable fléau annoncé pour les prochaines années, le « foie gras » ou « stéatose hépatite non alcoolique » (NASH en anglais « Non Alcoolic Steato Hepatitis ») est typiquement une maladie liée à l’engorgement du foie.

Comme son nom l’indique, ce n’est pas une cirrhose due à l’excès de boissons alcoolisées.

C’est une cirrhose par excès de travail du foie face à un afflux trop important de stimulations alimentaires néfastes.

Comme on peut s’y attendre, le « foie gras » est retrouvé en premier lieu chez les personnes dont le poids est excessif.

Il s’agit d’une inflammation avec intoxication, augmentation de volume et, in fine, destruction du foie, comme pour les canards ou les oies gavées autrefois traditionnellement aux grains ou froment (Egypte pharaonique, Grèce Antique, Empire Romain…) et aujourd’hui au maïs.

Froment ou maïs ne sont que des grains de sucre.

C’est un indice sur l’origine de la stimulation alimentaire néfaste en cause.

Une alimentation trop riche en sucres n’aboutirait-elle pas au même résultat plutôt que les aliments gras… ?

Identifiée sur des fresques tombales remontant à 2500 ans avant notre ère, les Egyptiens pratiquaient le gavage des oies avec des bouilles farineuses pour obtenir des animaux gras et goûteux.
Les Romains utilisaient en plus des figues séchées et l’on retrouve le « foie aux figues » Jecur ficatum cité par Pline l’Ancien.

Jecur est le nom latin du foie.

Ce terme s’effaça progressivement et ficatum désigna ce mets estimé.

C’est de lui (et donc des figues) que vient le nom de l’organe : « foie ».

La technique du gavage est issue de l’observation d’un mécanisme naturel : avant la migration ou en prévision de périodes de famine ou de froid, les oiseaux accumulent le plus de réserves énergétiques possible.

Suite des émonctoires dans « Les seconds couteaux de la détox ».