Nous vivons une période de réchauffement climatique.

Signe évident, la glace fond.

En Europe les glaciers s’amenuisent.

Aux pôles, la banquise part en miettes.

Pour nous alerter, régulièrement des images spectaculaires nous parviennent.

On nous montre d’énormes icebergs en train de s’en détacher.

C’est aussi l’occasion de découvrir toutes les formes de vie associées à ces contrées extrêmes où l’eau peut descendre en dessous de zéro degré sans geler (à cause de la présence du sel : l’eau salée gèle en dessous de zéro).

A ces températures nous ne pourrions pas résister bien longtemps…

Et pourtant on y voit des poissons et toute une riche faune aquatique n’éprouver aucune difficulté pour y vivre, s’ébattre et se développer.

Par quel mystère cela est-il possible ?

Nos membranes cellulaires organisent tous nos échanges, qu’ils soient nutritionnels, énergétiques ou informationnels.

Une membrane c’est un filtre sélectif entre deux milieux, c’est aussi un emballage constitué d’une double couche de corps gras soutenue par une structure (formée de protéines).

La vie ne peut se maintenir que si les membranes sont fonctionnelles.

Observons maintenant les différents corps gras qui nous entourent.

Les plus courants se prennent en masse, se figent à température ambiante : beurre, lard, fromage.

Ils possèdent des acides gras longs et rigides.

On les retrouve sur les étiquettes des aliments comme « gras saturés ».

Beaucoup plus fragiles et souvent beaucoup plus rares et précieux pour notre corps, d’autres gras restent liquide au frigo ou à basse température.

On les retrouve sous la dénomination « gras insaturés » ou « polyinsaturés ».

Ce sont principalement certaines variétés d’huiles végétales ou animales (huiles de poissons).

Leur forme est différente des précédents : ils ont une dimension spatiale tridimensionnelle qui leur garantit une souplesse incomparable.

Nos aliments contiennent en principe un mélange de ces deux qualités.

Notre corps a besoin des deux.

Nos membranes ont besoin des deux : l’une assure une rigidité d’ensemble, l’autre une plasticité indispensable.

Prenons l’exemple du système nerveux : il est très riche en gras et plus particulièrement les membranes neuronales.

En fonction des acides gras présents la déformabilité des cellules est plus ou moins importante.

C’est ce que l’on appelle la plasticité neuronale.

Ainsi un animal d’expérimentation, le rat, est incapable d’apprendre une tache comportementale si sa nourriture ne comporte que des acides gras saturés (rigides).

Il lui faut des deux.

Nos poissons des mers polaires se nourrissent de micro-êtres vivants qui flottent et pullulent dans ces eaux froides : phytoplancton (algues) et zooplancton (œufs, larves, petits animaux, êtres gélatineux, etc.).

Le plancton est le premier maillon des chaînes alimentaires marines.

Dans ces régions glacées, le plancton est extrêmement riche en acides gras polyinsaturés : ceux qui sont souples et restent liquide à basse température.

C’est grâce à eux que le plancton naît et prolifère là, grâce à eux que les poissons survivent là aussi.

C’est leur antigel !