Arrivé à ce stade (voir l’article « Le gras tue. Vraiment ? »), il ne me paraît pas incongru de proposer à la perspicacité de mes lecteurs dont j’imagine connaître la curiosité sans bornes ainsi qu’une vitale insubordination à toute pensée unique (pensée unique, pensée inique ?), la question suivante : ce gras est-il bien celui de nos assiettes ?

Pour trouver une réponse satisfaisante, je vous propose d’aller gratter derrière l’apparente simplicité des faits qui nous sont présentés.

Allons à la recherche d’aspects vertueux du gras. Tels de nouveaux chevaliers de la Table Ronde, partons voir si la quête du « bon gras » est un mythe !

Cette quête risque-t-elle de nous faire perdre dans des méandres scientifiques sans fin ?

Non !

Simplement découvrir un autre monde autour du gras, un monde mal connu et pourtant constructif, optimiste et plein d’avenir.

Mal connu ne veut pas dire nébuleux et hermétique.

Non !
Ce sont des perspectives concrètes et accessibles mais simplement étrangement oubliées ou négligées.

Les raisons de ces « pertes de mémoire » à propos du gras sont complexes.

Notre propos ne sera pas d’en tenter l’analyse.

Nous y ferons certes allusion, mais pas par mauvais esprit, plutôt par nécessaire information pour faciliter notre compréhension.

Alors le gras est-il un empoisonneur sournois, un diable déguisé en sympathique moine gourmand ?

Doit-on vraiment se méfier du gras ?

Et de quel gras ?

On l’a vu, le problème parait élémentaire et a été hardiment résolu : en fait il a été esquivé.

La réalité est plus subtile.

Elle ne se résout pas en une exclusion alimentaire.

Le mauvais gras qui bouche nos artères et rempli nos adipocytes n’a que peu de choses à voir avec celui de nos aliments.

Ce n’est même pas directement le même.

Il ne va pas d’un bond de nos assiettes à nos plaques d’athérome ou nos bourrelets.

Le gras de nos aliments ne représente qu’un faible pourcentage de l’ensemble du gras corporel. Le gras corporel est un stockage d’énergie.

Ce stockage est opéré par notre foie, par notre organisme, à partir d’aliments pléthorique par rapport à nos besoins du moment.

Comme il ne sait pas quoi en faire, il les transforme en quelque chose qui va tenir le moins de place possible, être facile à stocker et concentrer le maximum d’énergie pour un emploi futur éventuel.

Le foie fonctionne comme un groupe turbine-alternateur : l’eau, l’air, le mouvement fait tourner la turbine, ce qui entraîne l’alternateur, qui transforme cette énergie mécanique en électricité qui sera stockée dans des batteries.

Les nutriments (sucres, gras, acides aminés) font tourner le foie qui les transforme en réserves d’énergie (glycogène, triglycérides) qui seront stockées dans nos batteries (foie, muscles, adipocytes).

Ne prenez pas peur, tout s’explique en douceur ! Je parsèmerai mon blog de ces explications douces…

Retenons pour l’instant que le gras est un concentré énergétique : pour la même quantité, on obtient largement deux fois plus de calories (unité d’énergie) à partir du gras que des sucres ou des acides aminés (pour 1 gramme, exactement 9 contre 4 !).

Et puis nous étudierons souvent un détail qui n’en est absolument pas un : si tous les gras contiennent la même énergie, ils ne se valent pas pour autant !

Il existe différentes qualités de gras alimentaire : c’est primordial pour notre santé.

Cela nous entraînera sur un côté à première vue paradoxal : en mangeant du gras, on mincit !

Eh oui, car on évite au foie de lui donner l’envie d’en fabriquer pour en stocker !

Cela n’est vrai que dans certaines conditions qui nous amèneront vers d’autres considérations hautement pratiques et très profitable : heure des repas, composition des repas, quantité alimentaire….

Le monde de la chronobotanique !

Cette quête du « bon gras » doit être une prise de conscience du pouvoir de nos aliments sur notre santé.

Cela ne date pas d’aujourd’hui. Souvenons-nous du « Faire de son aliment son médicament » d’Hippocrate.

Le message reste vrai 2500 ans plus tard.

Mais, entretemps et surtout depuis cinquante ans, les difficultés s’amoncellent.

Notre société perd nombre de ses repères nutritionnels traditionnels.

Elle découvre à ses dépens que nous ne pouvons pas faire abstraction du lien vertueux qui nous uni à la nature.

Respectons ses rythmes, respectons sa logique, la nature est guérisseuse par essence puisque c’est elle qui nous nourrit !