La prise de poids n’est pas irrémédiablement liée à l’âge ou à la génétique.

Je ne dis pas qu’elle en est totalement indépendante.

Je dis que si l’on n’en comprend pas les origines alimentaires on ne pourra pas agir, on ne pourra pas lutter contre le vieillissement ou la génétique.

Ce n’est pas en comptant les calories de ses repas non plus qu’on s’en sort.

A quarante ans, j’ai passé quatre ans à faire des essais « diététiques ».

J’ai perdu du poids, à chaque fois, mais je l’ai repris quelques semaines plus tard.

A chaque fois.

Et à chaque fois, j’ai gagné la « prime yoyo », celle qui vous donne droit à quelques kilos de plus qu’au départ.

J’ai étudié la physiologie dans le détail. Mais ne suis pas arrivé à relativiser l’importance des voies de transformation et de stockage des aliments les unes par rapport aux autres.

J’ai bien compris toutes les réactions qui conduisent un aliment à être dégradé ou stocké mais n’ai pas pu en tirer d’application pratique.

J’étais dans l’état de mon ami Nicolas, éminent biologiste bedonnant : je commençais à croire en la fatalité.

Et puis le hasard m’a conduit à Dijon à la rencontre d’un professeur de pharmacologie dont le hobby était la nutrition, et la chronobiologie alimentaire son dada personnel.

Il faisait ça un peu en marge de ses cours magistraux, au sein d’un diplôme universitaire séparé.

Là, il accueillait une petite dizaine de médecins ou pharmaciens qui espéraient une révélation derrière le fameux « faites de votre aliment votre médicament » d’Hippocrate.

Et la révélation, on l’avait !

En tout cas, je l’ai eue !

Avec lui la physiologie s’éclairait effectivement et devenait une évidence. Tout prenait du relief : je voyais pour la première fois les voies métaboliques en 3D !

Il ne m’a guère fallu plus d’une demi-journée pour comprendre que j’étais arrivé au bon endroit, et une semaine pour passer à la pratique sur moi.

Qu’avais-je donc découvert à Dijon, illustre cité internationale de la gastronomie ?

Que « faire du gras » n’était pas une fatalité.

Que nos aliments avaient un mode d’emploi.

Que si on voulait s’en servir et mettre toutes les chances de son côté pour faire de la prévention (ou aider les traitements thérapeutiques), c’était possible.

Que nos cellules ne savent pas tout faire à la fois.

Que si les aliments ne répondent pas aux besoins, il s’ensuit des troubles.

Que nos organes suivent des rythmes biologiques.

Que la synchronisation de ces rythmes avec notre comportement social et alimentaire est fondamentale.

Et que ce n’est pas avec le gras que l’on mange que l’on va forcément grossir, mais avec les glucides, le sucre !

Toutes choses que j’étais loin d’imaginer…