C’est bon le cholestérol !

« Nul ne l’ignore : une délicieuse tartine de beurre est bourrée de cholestérol » : cette phrase je l’ai lue ou entendue des centaines de fois.

Elle n’est malheureusement pas exacte : il y a très très peu de cholestérol dans le beurre et encore moins dans le pain.

Les aliments les plus riches en cholestérol sont les abats et en particulier, en tête même devrai-je dire, la cervelle.

Depuis la crise de la vache folle on n’en mange plus guère.

Exact.

Et on pourrait faire la même remarque pour les deux aliments qui suivent dans le classement : rognons et foie.

Influencés, déformés que nous sommes par la double psychose anti-viande et anti-gras, nous aurons tendance à dire que c’est une bonne chose.

Pas si sûr !

Car réfléchissons : si on trouve du cholestérol en quantité dans la cervelle, les reins et le foie, trois organes majeurs s’il en est, c’est bien qu’il doit y servir à quelque chose !

Autre exemple : le jaune d’œuf. Parmi nos aliments courants c’est lui qui tient la vedette question cholestérol.

Et à quoi sert le jaune d’œuf : tout simplement à fabriquer la vie, assurer le développement d’un être vivant.

On l’oublie mais le cholestérol sert à plein de choses : c’est le père, grand-père ou cousin des hormones stéroïdes (sexuelles…), de la vitamine D, du cortisol, des sels biliaires, du Coenzyme Q10…

La souplesse de nos membranes cellulaires est assurée par les phospholipides riches en acides gras polyinsaturés et en… cholestérol !

Le cholestérol fait partie d’une famille des gras, les gras cyclisés : la chaine linéaire des acides gras fait chez eux une boucle.

Il n’en est pas moins important car pour que la déformation des membranes soit possible, il faut une bonne lubrification : c’est le rôle du cholestérol.

Il imprègne donc aussi les membranes cellulaires et il participe à la bonne oxygénation des tissus.

On comprend pourquoi, là où les membranes doivent être le plus souple et le plus efficace possible, se trouve la plus grande concentration de cholestérol : dans notre cerveau.
Imaginez la vie sans cholestérol : eh bien, vous ne pourriez pas l’imaginer tout simplement car votre cerveau serait incapable de le faire !

C’est comme la vie sexuelle sans hormones sexuelles : ça ne fonctionne pas mais ça ne gêne pas puisqu’on n’y pense même pas…

On est alors tenté de dire : augmentons notre cholestérol pour devenir plus intelligent.

Si une diminution du cholestérol altère la déformabilité des membranes, provocant troubles de mémoire et d’idéation (ou de conceptualisation, c’est-à-dire qu’on ne peut « imaginer » comme je le disais), un excès est tout aussi préjudiciable.

Il faut une juste quantité de cholestérol.