C’est un plaisir de manger un œuf à la coque.

J’adore réussir sa cuisson.

Ça paraît simple mais ce n’est pas si évident.

Le blanc d’oeuf coagule à 62°C et le jaune à 68°C car leurs compositions sont différentes.

Le blanc, c’est 90 % d’eau et 10 % de protéines.

Le jaune, c’est un autre monde, celui de la vie.

On y trouve toute la nourriture utile au développement de l’embryon : de l’eau bien sûr (50 %), toutes les vitamines (dont la vitamine D qui est si rare à l’état natif : pour nous il faut du soleil sinon on en manque), tous les minéraux.

Le gras, c’est énorme, représente 1/3 de sa composition : deux fois plus que les protéines du jaune et à peu près autant si on ajoute celles du blanc.

Les sucres ne représentent même pas 1% du total. Ça devrait nous interroger, nous qui vivons avec plus de 50 % de sucres dans notre alimentation…

Bref, j’aime manger des œufs à la coque. Eh bien, savez-vous que ce plaisir est refusé aux pensionnaires des maisons de retraite et ceci pour des questions sanitaires ?

Je ne discuterai pas les normes d’hygiène alimentaire en collectivités, elles ont leurs raisons. Ni de la qualité gastronomique des repas qui y sont servis car, paraît-il, ça s’améliore.

Je déplorerai ici simplement les graves conséquences nutritionnelles que peut provoquer la disparition implacable des menus d’aliments aussi essentiels que l’œuf coque.

Dans l’œuf, il y a tout pour créer et entretenir la vie.

Emma Morano, ex-doyenne de l’humanité décédée n 2017 (c’était la dernière personne au monde née avant 1900 !), mangeait essentiellement 2 à 3 œufs par jour depuis ses 20 ans !

Vu la composition de l’œuf, ce n’est pas le sucre qui est indispensable à la vie mais le gras et les protéines.

Plus d’œuf coque signifie plus de bons gras et en particulier plus de phospholipides.

Cette variété de bon gras se trouve en abondance dans le jaune d’œuf, à condition qu’il ne soit pas cuit dur.

La cuisson les détruit.

Ces phospholipides sont indispensables dans les membranes cellulaires en particulier celles des neurones. Ils assurent la souplesse et la plasticité cérébrale, facilitant les liaisons et échanges entre les neurones.

Sans eux (ils sont connus aussi sous le nom de lécithines, du grec Lekithos, qui désigne le jaune d’œuf), pas de bon fonctionnement d’une partie importante de notre cerveau et surtout, de notre mémoire.

A plus de 117 ans Emma a encore un esprit alerte.

Est-ce le cas de tous nos pensionnaires de maisons de retraite ?

Vous voyez où je veux en venir…

Suffit-il de remettre l’œuf coque sur la table de nos aînés pour leur éviter Alzheimer ou une dégénérescence cérébrale ?
Suite dans « Emma et l’œuf 2/2 ».