Division et multiplication cellulaires :

Les mitoses épidermiques, au même titre que toutes les mitoses cellulaires, sont soumises à des variations circadiennes très tôt chez Ie nourrisson : dès la 2ième semaine de vie.
On le sait depuis une étude de 1959 qui a permis de mettre en évidente cette variation circadienne des mitoses épidermiques.
Le pic des mitoses se situe vers 01h00, associé à un creux vers 13h00.
Cela démontre bien que la nuit la peau va ainsi privilégier son renouvellement cellulaire.
Comme de nombreux organes, les différentes fonctions de la peau ont des rythmes biologiques adaptés aux besoins de l’organisme, donc elles varient suivant les heures du nycthémère.

Variation de sécrétion de sébum :

La sécrétion de sébum (« peau grasse ») est plus importante le jour que la nuit.
Les études réalisées ont permis de mettre en évidence une variation circadienne de la sécrétion sébacée avec 2 paramètres étudiés : la quantité de sébum excrété et le nombre de follicules sécréteurs actifs.
Il existe d’une part une variation de la production et de l’excrétion de sébum au niveau du visage au cours de la journée, avec un pic à 13h00. Et d’autre part une variation du nombre de follicules sécréteurs avec une acrophase (pic) à 14h00 et un creux à 06h00.

Variation de la susceptibilité des cellules cutanées :

Une cellule ne pouvant pas effectuer toutes ses fonctions simultanément, il en résulte que les effets d’un agent chimique (et/ou physique) appliqué sur la peau varient suivant son heure de mise en œuvre (application).
Il a ainsi été mis en évidence des variations circadiennes de la réponse des cellules cutanées vis-à-vis d’agents de natures très diverses (histamine et histamino-libérateurs, allergènes, anesthésiques locaux, nicotimates, etc.). Les expériences montrent que ces effets varient suivant des rythmes circadiens.
L’un des exemples les plus parlant est celui du rythme cutané de l’anesthésie locale. Une étude a permis de montrer que la durée de l’anesthésie cutanée, induite par l’injection intradermique de lidocaïne ou de bétoxicaïne, était au moins doublée entre 07h00 et 15h00. L’heure de l’injection modifie par conséquent les effets de la substance utilisée et des doses injectées.
D’autres études sont ensuite venues confirmer ces résultats, en particulier celles qui concernent les anesthésies de nerfs dentaires. C’est ainsi toujours l’après-midi que l’anesthésie locale est la plus longue.

Variation de la taille des cornéocytes du visage :

En 1990, une recherche fut spécifiquement consacrée aux variations circadiennes du stratum corneum, la première couche protectrice de la peau.
Cette couche présente une épaisseur de 12 à 15 nm et se compose de fines cellules desquamantes arrondies, les cornéocytes, qui se recouvrent partiellement. Les cornéocytes ont été recueillis de manière normalisée et randomisée en des sites précis de la face à heures fixes (7h30, 11h00, 19h30 et 23h00) pendant 48 heures, chez des jeunes femmes en bonne santé, en dehors de tout traitement ou soin cutané.
Le pic se situait à 23h00 et le creux à 11h00.
La taille des cornéocytes varie donc selon un rythme circadien, même si l’amplitude de ce rythme peut être considérée comme faible par rapport à celle du rythme biologique des mitoses épidermiques.
Une autre étude de la couche cornée de la face a permis de mettre en évidence un rythme circadien de la quantité de cellules. Il semblerait donc que la couche cornée superficielle de l’épiderme de la face ait un volume plus important et se trouve formée de cornéocytes plus grands ou plus étalés le soir (entre 20h00 et 23h00) qu’aux autres moments de la journée.

Synthèse sur les phénomènes chronobotaniques cutanés :

Les fonctions du revêtement cutané ont des variations périodiques adaptées aux besoins de l’organisme. La peau va favoriser les processus de reconstruction et de réparation la nuit alors que durant le jour, elle va favoriser les processus de protection.