Une horloge dans la peau !

Toutes les cellules de l’organisme sont soumises à des rythmes. À plus forte raison les cellules de la peau, premières exposées aux variations de l’environnement.

La peau est avant toute chose un « organe protecteur ».

Elle protège notre organisme des agressions de toute nature.

Cependant, cette fonction ne peut être accomplie qu’à la condition que cet « organe » puisse être régulièrement renouvelé.

Comme aucun organe ni aucune cellule ne peut tout faire en même temps (renouvellement et défense) il doit y avoir une organisation temporelle très précise pour répondre aux besoins, au moment précis de ces besoins.

Pour ce faire, la peau est soumise à des rythmes biologiques lui permettant de répondre et d’anticiper les variations prévisibles de l’environnement, telle que l’alternance des jours et des nuits.

La peau obéit à son rythme, celui du rythme circadien (rythme sur 24 heures).

Il s’installe même avant le rythme du sommeil.

En effet, le rythme de la division des cellules de la peau et de leur multiplication (encore appelé rythme des mitoses) se met en place dès la première semaine de la vie du nourrisson.
Le rythme de veille et de sommeil ne se régule, lui, que deux à quatre semaines après la naissance.

Tout comme l’organisme, la peau est en constante activité. Et ses activités diurnes et nocturnes sont différentes :
– le jour, la peau développe un certain nombre de mécanismes physiologiques qui ont pour but de lui permettre de servir de protection au corps face aux atteintes de l’environnement.
– la nuit, elle se répare en fabriquant les nouvelles cellules qui vont migrer jusqu’à la surface de l’épiderme, pour venir remplacer les cellules de la couche cornée qui desquament insensiblement en permanence. On cicatrise mieux la nuit. Ongles et cheveux poussent mieux la nuit.

Le pic des multiplications cellulaires se situe vers 1 heure du matin.

En revanche elles sont presque nulles aux environs de 13 heures, heure à laquelle les cellules sont toutes occupées à leurs activités de protection.

Ainsi, chaque fonction du revêtement cutané répond à des variations périodiques en fonction des besoins de l’organisme.

Les résultats des études menées sur la variation des fonctions de la barrière cutanée afin d’évaluer les variations temporelles de quatre fonctions de la barrière cutanée (la perte d’eau transépidermique, l’hydratation du stratum corneum, le pH de la peau et la température cutanée) ont montré que la perte d’eau transépidermique, le pH de la peau et la température cutanée présentent des variations rythmiques, seule l’hydratation du stratum corneum ne semble pas suivre une rythmicité significative.

Aux vues des résultats obtenus, la perméabilité cutanée se révèle plus importante l’après-midi et la nuit que le matin.

L’identification de telles caractéristiques est importante et a des conséquences pratiques, notamment dans l’application topique des soins.
C’est l’un des éléments majeurs de la chronbotanique de la peau.