On peut observer des rythmes biologiques différents de ceux d’un adulte seulement dans l’enfance et plus particulièrement même, uniquement dans la petite enfance : de la naissance aux premiers mois qui suivent.

Ce n’est pas le cas de tous les rythmes biologiques.

Et, une fois que ces rythmes biologiques sont mis en place, ils ne varient plus (sauf modification non liée à l’âge).

Une personne âgée a donc les mêmes biorythmes qu’un adulte de 20 ans.

La rythmicité du nouveau-né se manifeste essentiellement dans le domaine ultradien (inférieur au rythme circadien de 24 heures) ainsi, ses rythmes ont une périodicité d’environ 90 minutes en ce qui concerne l’alternance veille-sommeil, le sommeil paradoxal, le comportement alimentaire spontané, la température corporelle…

Ce n’est que vers la fin du premier mois que des rythmes de 24 heures (circadiens) deviennent détectables.

Divers travaux ont permis d’établir dans quel ordre, depuis la naissance, apparaît le caractère circadien de la rythmicité d’un certain nombre de variables.

Ainsi, il a été clairement montré que tous les rythmes circadiens et nycthéméraux ne « commencent » pas au même âge.

Dans quel ordre, depuis la naissance, apparaissent les différents rythmes ?

On observe (d’après Reinberg, 2003) des différences entre jour et nuit progressivement à partir des premiers jours de vie :
– Conductance électrique cutanée : 1ère semaine
– Mitoses épidermiques (multiplication des cellules) : 2ème semaine
– Rythme veille-sommeil : 2 à 4ème semaine
– Température rectale : 2 à 4ème semaine
– Comportement alimentaire : 3 à 5ème semaine
– Fréquence cardiaque : 4 à 20ème semaine
– Excrétions urinaires : à partir 4ème semaine

Les premiers rythmes de 24 heures détectés chez le nourrisson concernent la peau.

La rythmicité de la conductance électrique cutanée apparaît dès la première semaine de la vie et celle des mitoses épidermiques dès la deuxième semaine. Le rythme veille/sommeil sur un mode nycthéméral circadien ne s’établit qu’entre la quatrième et la sixième semaine, de même que celui de la température cutanée et corporelle. Les rythmes circadiens des fonctions rénales surviennent encore plus tard.

L’interprétation prévalente de ce phénomène de mise en place progressive des rythmes circadiens est qu’une certaine maturation du système nerveux est indispensable à l’entraînement des rythmes par les synchroniseurs.

Par maturation, on entend d’une part, celle des organes des sens qui perçoivent les signaux « temporels » de l’environnement et, d’autre part, la maturation fonctionnelle des horloges biologiques.

Une fois ce stade passé, c’est parti pour la vie !