La chronopharmacologie est une discipline qui étudie les différents effets (au cours du temps) d’une médication suivant l’heure de son administration.

La chronopharmacologie étudie ainsi les effets des médicaments :
– En fonction du temps biologique (heure dans l’échelle des 24 heures ; mois dans l’échelle de l’année…)
– Sur les paramètres qui caractérisent les rythmes biologiques de variables judicieusement choisies. Ces paramètres sont : le niveau moyen, l’amplitude, l’acrophase (pic de sécrétion ou d’activité) et la période.

Une meilleure compréhension de ces changements périodiques, donc prévisibles dans le temps, peut être atteinte en prenant en compte trois concepts complémentaires : la chronesthésie, la chronergie et la chronocinétique.

La chronesthésie correspond aux variations prévisibles dans le temps de la susceptibilité d’un système cible à un médicament (exemple de cible : un récepteur, une membrane au niveau subcellulaire, mais aussi un tissu ou un organe).

La chronergie correspond aux variations prévisibles dans le temps des effets du médicament sur l’organisme entier. Il s’agit des effets désirés (chrono-efficacité) aussi bien que des effets non désirés (chronotoxicité).

La chronocinétique d’un médicament correspond aux variations prévisibles dans le temps des paramètres qui caractérisent sa pharmacocinétique (exemple : la concentration maximale (Cmax) plasmatique, le temps pour atteindre le Cmax (tmax), l’heure de l’administration, la demi-vie, la surface sous la courbe, le temps de clairance…).

Les rythmes biologiques ont une influence sur l’efficacité de certains médicaments.

L’organisation temporelle des cellules favorise certaines fonctions à certaines heures et d’autres fonctions à d’autres heures.

Il en résulte que le métabolisme d’un médicament, aussi bien que ses effets spécifiques, dépendent du stade de la fonction qui est programmée au moment où l’agent atteint sa cible.

Autrement dit, les voies métaboliques suivies par le médicament varient en capacité et en direction suivant les heures.

En ce qui concerne la pharmacocinétique, des processus tels que l’absorption, le transport, la distribution, Ia transformation et/ou l’élimination d’un médicament peuvent avoir des rythmes de grande amplitude.

L’absorption varie selon les rythmes du pH gastrique, de la vidange gastrique et de l’absorption intestinale.

Le transport varie selon les rythmes des liaisons aux protéines et des érythrocytes.

La distribution varie selon les rythmes du volume de sang circulant, de la résistance capillaire, de la circulation périphérique du sang (foie, rein, peau, bras…).

Le métabolisme hépatique varie selon les rythmes des enzymes métabolisant les médicaments, des oxydases microsomiales, des glucurono- et sulfoconjugaisons, de l’induction enzymatique.

L’élimination urinaire varie selon les rythmes du pH urinaire, de la filtration glomérulaire et de la réabsorption tubulaire.

En ce qui concerne l’action du médicament (ou de ses métabolites) au niveau de ses cibles, les variations de sensibilité liées aux rythmes biologiques jouent un rôle capital.

La différence entre un médicament et un complément alimentaire, c’est que l’on n’a pas à l’état naturel de médicament dans le corps : c’est un intrus chimique. Le complément alimentaire est lui un actif naturel de santé déjà géré par l’organisme (et que sauf carence extrême, il l’a déjà en stock).

Cette différence permet de comprendre que tous les critères de la pharmacologie ne s’appliquent pas aux compléments alimentaires, en particulier le critère de la biodisponibilité qui ne doit pas être gérée comme pour un médicament. Les volumes de distribution sont fondamentalement différents. Souvent les laboratoires mal informés mélangent de façon plus ou moins bien intentionnée ces notions pour en faire des arguments commerciaux qui s’avèrent mensongers. En clair, on ne peut pas parler de la biodisponibilité du magnésium comme de celle de l’aspirine ou d’un médicament X. C’est une escroquerie scientifique et commerciale.