3. Approche nutritionnelle de la sclérose en plaques

Il n’existe pas de diagnostic biologique de la sclérose en plaques, quelle que soit sa forme.
Une présence de protéines oligoclonales est néanmoins observée dans le liquide cépbalo-rachidien (répartition en bandes oligoclonales dans 90 % des SEP = clone IgG dans le LCR) et dans les larmes. L’IRM est un diagnostic de confirmation.

Lors des poussées, un traitement immunosuppresseur à base de corticoïdes est de règle.

Entre les poussées, les bêtaférons ont prouvé leur efficacité à allonger les périodes de rémission, mais le résultat est faible, le coût financier est élevé.

Y a-t-il une place pour la nutrition?

La réponse est clairement positive.

Elle est donnée aussi bien pour tous les sujets des climats tempérés que pour les malades après la première poussée ou les suivantes.

Il s’agit premièrement d’éviter les facteurs infectieux (virus et germes microbiens).
D’une part, il faut éviter dans des espaces réduits, la présence d’animaux domestiques, plus particulièrement les oiseaux, et d’autre part éliminer les infections urinaires et peut-être surtout intestinales.

On a remarqué, chez les malades, une forte proportion de constipation (absence de fibres ?) et des périodes de diarrhées (infections ?).
Le germe reste dans l’intestin, mais des fragments peuvent franchir la barrière intestinale (surtout s’il y a inflammation) et se comporter comme des antigènes.
Au quotidien, il s’agit d’éviter la constipation en augmentant l’apport en fibres alimentaires et en les répartissant sur les trois (ou mieux quatre) repas.
Il s’agit de manger des légumes, des fruits et des céréales non raffinées.
Lors d’une infection (diarrhées même sans fièvre), reconstituer immédiatement la flore microbienne intestinale avec des probiotiques puis des prébiotiques.
Les études épidémiologiques ont déjà montré l’efficacité des fibres alimentaires.
Une étude est en cours pour démontrer, en plus, le rôle favorable des probiotiques.
Déjà, avant même le résultat de cette étude, il est logique de penser qu’un effet favorable sera observé (dans le pire des cas, il n’y aura pas d’effet).

Clairement, la constipation est souvent préliminaire à une crise : il faut l’éviter à tout prix.

Il s’agit également de modifier le régime alimentaire, surtout pour les gros mangeurs de viandes grasses.
Il faut remplacer les viandes riches en acides gras saturés par des viandes maigres ou équilibrées en oméga-3 (viandes venant d’animaux nourries à l’herbe), mais cela ne suffit pas.
Il faut apporter des acides gras polyinsaturés aussi bien sous forme d’huile végétale (faire les assaisonnements des salades à l’huile de colza) que d’huile de poissons (poissons gras des mers froides), ou compléments alimentaires.
Ces acides gras insaturés, pris de préférence le soir, sont incorporés dans les membranes phospholipidiques des cellules, y compris dans la myéline des voies de conduction nerveuse.
II s’agit de modifier la structure de la membrane pour éviter la reconnaissance par les lymphocytes et les anticorps de la fraction identique à celle des germes.

Pour certains neurologues, la sclérose en plaques est un trouble du métabolisme des lipides avec une perméabilité accrue des membranes (des vaisseaux sanguins et des neurones) pour les anticorps et les éléments figurés du sang.

L’acide gras qui semble le plus important dans le traitement de cette maladie est l’acide linolénique, à partir duquel sont synthétisés l’acide gamma Iinolénique, la lécithine, les prostaglandines et la myéline.

Une carence observée par une sécheresse de la peau avec desquamation, provoque des désordres immunitaires.

L’huile de bourrache et l’huile d’onagre, riches en acide linolénique, sont indiquées dans la prévention des poussées et plusieurs études ont démontré leur efficacité.

A suivre…