C’est à une botaniste russe, Helena BARULINA, que l’on doit la première classification scientifique mondiale des lentilles. Avec elle, la Lentille Verte du Puy devint pour l’éternité Lens esculenta puyensis.

Affirmer que la Lentille Verte du Puy est particulière, unique, typique, est une évidence pour tous ceux qui la connaissent, la cuisinent et la dégustent. Mais pour les autres, comment les convaincre ?

La notion de cru est très originale, elle symbolise un lien étroit avec un terroir, une zone géographique précise dans laquelle un végétal aura des caractéristiques spécifiques fortes et reconnues de temps immémoriaux.

Le cru « lentille verte du Puy », c’est associer la meilleure qualité de lentille verte sur une zone de production autour du Puy.

En 1935, un premier jugement du Tribunal civil a attribué l’Appellation d’Origine à la Lentille Verte du Puy en précisant ce qu’il fallait comprendre par qualité : 4 à 5 millimètre de diamètre, 2 à 2,5mm d’épaisseur, portant sur un fond vert pâle des marbrures vert bleu sombres, ayant une cuisson rapide, possédant une peau fine, une amande non farineuse, un goût délicat et il définit la zone de production en énumérant un certain nombre de communes de Haute-Loire.

Taille et couleur des marbrures sont directement liées aux caractéristiques intrinsèques de la variété botanique Lens esculenta puyensis. Le Tribunal a donc fait là une erreur : il ne s’agit pas de la définition d’élément qualitatifs d’un cru mais de caractères propres à une variété botanique. Quel que soit le lieu de la culture, ils seront identiques.

Par contre, le tribunal a tout à fait raison quand il parle de cuisson rapide, de peau fine, d’amande non farineuse, de goût délicat et de zone de production.

Comme pour un vin ou pour les plantes de la chronobotanique, nous sommes dans la définition d’un cru : une production qualitative associée à terroir précis.