Les précieuses qualités nutritives, communes à toutes les lentilles, sont particulièrement exceptionnelles chez celle du Puy qui, grâce au cru, bénéficie d’une composition rarissime chez ses collègues corail, vertes ou blondes.

Pourquoi cuire les lentilles ?

Déjà parce que, sinon, on s’y casse les dents !

Mais surtout parce que les légumes secs sont indigestes crus : ils contiennent des poisons.

La lentille ne fait pas exception.
Si une graine veut assurer sa reproduction, elle doit se protéger.
Et c’est ce qu’elle fait.

Comme tout végétal qui doit se faire respecter, la lentille, les haricots, le soja et tous légumes secs se protègent de leurs agresseurs.

En général ces boucliers sont conçus comme des poisons chimiques naturels, des toxines qui empêchent des herbes concurrentes de croitre et étouffent les plants lors de la phase végétative.

Ce peut être des acides qui bloquent l’assimilation de minéraux indispensables. Ou des substances complexes qui détruisent les enzymes digestifs. Contre les autres végétaux, les parasites, les insectes, les moisissures, les bactéries, les virus et les prédateurs comme nous, les légumes secs déploient une armada de boucliers protecteurs et défensifs.

Ces poisons sont donc aussi toxiques pour nous.

Nous faisons bel et bien partie des agresseurs ! Nous sommes des ennemis de la lentille !

C’est la guerre : il faut détruire ces poisons avant de consommer la lentille (comme le haricot ou le soja…).

La cuisson est un moyen de destruction efficace : la majorité des poisons sont dégradés par la chaleur.

Il faut le faire car sinon nous serons incommodés.

On a du mal à l’imaginer mais les végétaux ne sont pas une nourriture sans risques pour notre santé : il faut savoir les utiliser.

Des lentilles, des haricots, du soja mal cuits et, patatras, les maux de ventre apparaissent ! Puis un amaigrissement. Puis un affaiblissement généralisé…
Ne jamais l’oublier.

La nature est belle mais elle n’est pas sans danger.
C’est une lutte, un combat : manger des légumes n’est pas sans péril ! Nous n’aimerions pas disparaitre mangés par des plantes carnivores, nous lutterions : c’est ce qu’ils font à leur manière…

La germination est une seconde tactique alternative à la cuisson.
De plus, dans les graines germées les poisons disparaissent pour laisser place à des facteurs de croissance très appréciés. Faire germer ses lentilles (ou son soja, ses haricots, sa luzerne…) est une ruse élégante pour se protéger des poisons végétaux.

Il en existe encore d’autres.

Ainsi les japonais ont-ils inventé des techniques de coagulation et de fermentation autour du soja : tofu, tempeh, miso, etc.
On pourrait envisager de copier ces modes de préparations et de les adapter à la lentille.