Manger c’est vivre. Et si ça remontait à la préhistoire ?

D’après leurs découvertes, les préhistoriens présentent l’être humain depuis l’origine comme un chasseur-cueilleur (carnivore-charognard et mangeur de fruits et racines) qui ne serait devenu agriculteur et éleveur que depuis moins de 5 000 à 10 000 ans.

N’importe quel zoologue sait que les animaux carnivores attrapent leur proie dans la matinée, « à heure fixe », et commencent toujours par manger la partie la plus grasse : les entrailles. C’est pour cela par exemple que vous pouvez nager avec des requins à certaines heures, ils ne vous dévoreront pas si ce n’est pas l’heure de leur repas !

Mais est-ce notre instinct (génétique) d’homme qui s’est plié aux rythmes de la nature ?

Ou est-ce que ce sont les circonstances qui ont créé ces rythmes et qui se sont inscrits dans notre biologie actuelle ?

On ne le sait pas.

Ce que l’on constate c’est qu’il y a encore en nous une « programmation » qui obéit aux rythmes anciens et qui régit les sécrétions destinées à assimiler certaines choses à certaines heures plutôt qu’à d’autres.

Manger des aliments gras le matin est physiologique.

De la préhistoire à la recherche actuelle on retrouve ces rythmes.

Au cours des dernières décennies, les médecins spécialistes en cancérologie ont découvert que l’heure d’administration des médicaments pouvait être décisive pour leur efficacité.

De la même manière, les experts en nutrition se sont intéressés à l’influence de l’horaire des prises alimentaires sur le métabolisme.
Au fil des recherches, ils ont découvert que les différentes opérations par lesquelles notre corps utilise la nourriture pour assurer le maintien de sa vie, le renouvellement de ses cellules, pour soutenir son activité ou pour s’adapter aux différents stress que lui impose son environnement, ont chacune leur rythme propre.

Il y a par exemple des heures où manger certaines qualités de graisses ou sucres sera utile pour la vie cellulaire, d’autres heures où notre organisme, occupé à d’autres fonctions, en fera de l’énergie.

Mais évidemment l’heure ne fait pas tout car au-delà d’une certaine quantité, notre organisme n’en aura pas l’usage et va directement les stocker. Cela dépend de notre métabolisme de base et de notre activité physique (ou intellectuelle !).

Régler le rythme et les quantités des apports alimentaires sur le rythme et les besoins des différentes fonctions métaboliques de l’organisme afin de parvenir à un fonctionnement optimal, prévenir l’apparition des maladies du siècle (obésité, troubles de santé…), c’est devenu l’un des objectifs d’une science nouvelle, la chronobiologie.

La chronobotanique en est la version pratique : si manger c’est vivre, il est de plus en plus certain que l’on vit comme on mange.